La restitution des terres aux indiens Kogis pour régénérer la forêt | Land Portal
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Date: 1er avril 2016

Source: Afd.fr

Au nord de la Colombie, sur les contreforts de la Sierra Nevada de Santa Marta, spot de biodiversité parmi les plus remarquables et les plus menacés au monde, l'AFD soutient un programme au double objectif : la restitution des terres aux indiens Kogis et la régénération forestière, mené par une ONG française Tchendukua - Ici et Ailleurs.*

En Colombie, 500 ans après la conquête, une mémoire se réveille

Mené en co-pilotage avec les Indiens Kogis, derniers héritiers des grandes sociétés précolombiennes du continent sud-américain, les démarches mises en œuvre s'appuient sur les connaissances ancestrales des Mamas (ce qui veut dire « soleil » en Kaguian, la langue des Indiens Kogis), autorités spirituelles et politiques de la communauté. Lorsque les Kogis reprennent possession des terres qui vont être reforestées, ils en réveillent la mémoire par le biais de sites sacrés, de lieux de connaissances, qu'ils retrouvent, puis qu’ils réactivent. Comme une mémoire millénaire, interrompue par 500 ans de conquêtes, qui reprendrait vie, doucement, dans le tumulte de la modernité qui se rapproche. Quelques mois après la COP 21, voilà un exemple original de co-construction de projets qui semblent prometteurs pour tenter de faire face aux grands enjeux de notre temps.

Après 15 ans de travail, il est impressionnant de voir ses terres déforestées dont les sols ont été abimés par de longues années d’élevages intensifs, puis par l’exploitation et la fumigation de la coca reprendre vie.

Des résultats surprenants

Les résultats sont là, surprenants. Plus de 1000 hectares régénérés, redevenus luxuriants, des villages reconstruits et des perroquets « Guacamayas » qui reviennent. Autour de chaque village, la biodiversité se remet doucement en place, nécessaire pour la pérennité de la culture kogi. Les plantes alimentaire, bien sûr : yucca, malanga, igname, batata, maïs, millet, canne à sucre, haricot, guandul, tomate, piment, citrouille, banane, etc., associées à d’autres cultures non alimentaires -comme la calebasse, le totumo, l’agave et le coton - qui, après avoir été réimplantées, sont maintenant en constante progression.
Ces plantes, et d’une manière plus générale, ces vastes systèmes d’agro-foresterie régénérés, permettent aux Kogis d’être auto-suffisants sur leurs terres autant pour leurs besoins alimentaires, vestimentaires, qu’architecturaux, voire spirituels.

Du Paysage au pays-sage ?

Au-delà d’un retour de la biodiversité, le dialogue avec les Indiens Kogis nous permet d’élargir le regard, d’explorer de nouvelles façons d’être et d’agir ensemble, afin de faire face aux grands enjeux de notre temps et de donner vie à cette phrase prémonitoire du géographe Elisée Reclus : -« l’Homme est la nature prenant conscience d’elle-même. » Alors peut-être, les paysages redeviendront-ils pays-sages, l’aménagement se fera ménagement, et l’aventure humaine redeviendra vivante et créative, car solidaire de cette nature qui nous porte et nous fait vivre. »

 

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