Récapitulation du webinaire : Les autorités traditionnelles en Afrique et leur rôle dans la gouvernance foncière | Land Portal

(Photo: CC BY-NC-ND 2.0 DEED ILRI)

 

 

 

Dans le cadre d'un webinaire stimulant animé par Nolundi Luwaya, Directeur du Centre de recherche sur la terre et la responsabilité de l'Université du Cap, des experts de toute l'Afrique se sont réunis pour démêler les complexités du rôle des autorités traditionnelles dans la gouvernance des investissements fonciers. Cet événement a mis en lumière les défis uniques et les stratégies employées par les autorités traditionnelles dans la gestion des investissements fonciers.

Nana Ama Yirrah, Fondatrice et Directrice de COLANDEF, a présenté un aperçu du double régime foncier ghanéen. Elle a souligné l'autonomie des autorités foncières coutumières et les obstacles qu'elles rencontrent pour promouvoir l'égalité des sexes et l'inclusion sociale dans les décisions foncières. Elle a souligné le rôle de la loi foncière ghanéenne dans la sauvegarde du mandat de ces autorités, tout en plaidant pour des transactions foncières transparentes et responsables. Mme Yirrah a également souligné l'importance d'améliorer l'accès à l'information au niveau local, une étape essentielle pour renforcer les droits des femmes dans les processus.

Milton Kamara, président du comité des propriétaires fonciers, Chefferie de Kasseh, a raconté l'histoire de chefs qui ont autrefois sapé les droits fonciers des communautés et a expliqué comment la transformation juridique de la Sierra Leone permet aujourd'hui aux communautés de se prendre en charge. Il a souligné l'impact de la nouvelle loi, en particulier le rôle crucial des comités fonciers villageois dans la gestion des terres communautaires et la garantie d'une prise de décision inclusive. Il a souligné la nécessité de mettre en place des systèmes d'information efficaces pour permettre aux communautés de prendre des décisions informées sur les investissements fonciers.

Le Dr. Mahmoud Solomon, Directeur Adjoint de l'Arpentage et de la Cartographie de l'Autorité Foncière du Libéria, s'est penché sur les défis de la mise en œuvre de la Loi sur les Droits Fonciers du Libéria, qui reconnaît la propriété des autorités traditionnelles mais qui est entravée par un processus de formalisation des terres coutumières très lourd. Il a exprimé le souhait que des réformes législatives soient entreprises pour renforcer les relations entre les autorités traditionnelles et l'autorité foncière. M. Solomon envisage la mise en place d'un système numérique complet d'information foncière pour l'Autorité foncière du Liberia, en tant qu'outil de gestion des baux d'investissement foncier et des aménagements fonciers.

Bernard Opaa, Directeur Adjoint des Ressources Naturelles et de l'Environnement à la Commission Nationale Foncière au Kenya, a souligné les défis du Kenya en matière d'investissement foncier, en mettant l'accent sur la sécurité de tenure et le manque de documentation formelle pour les terres communautaires. Il a présenté les initiatives de la Commission foncière nationale en matière d'éducation du public, de surveillance des droits fonciers et de promotion des modes alternatifs de résolution des conflits. Le développement d'un atlas de données foncières, documentant les ressources naturelles et suivant les investissements basés sur les ressources, en particulier dans les terres non enregistrées, a été un point clé de son récit.

Le webinaire s'est conclu par un consensus sur la nécessité de mettre en place des cadres de gouvernance foncière solides, d'améliorer les systèmes de gestion des données et d'accroître la transparence et la responsabilité en matière d'investissements fonciers. Les intervenants, avec leurs expériences et stratégies diverses, ont souligné le besoin critique de cadres juridiques nuancés et de processus décisionnels inclusifs pour naviguer dans le paysage complexe de la gouvernance foncière en Afrique.

 

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